samedi 19 novembre 2011

La petite chronique du mois de Novembre

Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé d'être dans le coup. Comprendre : de chroniquer un album qui vient juste de sortir. Je me dois de le faire parce qu'il s'agit du premier album d'une musicienne à laquelle je suis particulièrement attachée : Olivia Jean. Cette chronique est donc un billet spécialement consacré à son premier disque. (Je relègue les livres et les films à la prochaine chronique où tout redeviendra normal, rassurez-vous.)

Peu de choses sont sues sur la demoiselle, je ferai donc fi de toutes les rumeurs et de tout ce que je sais déjà pour m'en tenir à l'essentiel et officiel. Olivia Jean, donc, est une jeune femme originaire de Detroit, qui a un jour été remarquée par Jack White qui l'a signée sur son label Third Man Records. Depuis, les collaborations de Jean ne se comptent plus au sein de la petite entreprise – elle a joué sur les albums de Wanda Jackson, Karen Elson et plus récemment sur les singles de John C. Reilly.

Bref, enfin arrive l'album tant attendu, tant espéré, tant rêvé, tant promis...

The Black Belles. Par The Black Belles.

Soit un girls band garage mené par Olivia Jean, dont les membres ont la fâcheuse et réjouissante manie de se déguiser en sorcières tout de noir vêtues. Le groupe a été monté par Jack White, la chose est connue. « All songs written by Olivia Jean and the Black Belles », nous indique-t-on. Bon, tout va bien, White a apparemment décidé de laisser la belle Olivia et ses nouvelles copines dans une pièce pour les laisser composer comme elles en avaient envie, me dis-je avec bonheur.

Sauf que ce n'est pas le cas. Si le premier single des Black Belles, What Can I Do ?, était prometteur et laissait présager un album gothique et garage teinté de famille Addams, il n'en est rien sur leur premier effort. What Can I Do ? étant absent de l'album, ce sont donc onze nouveaux titres auxquels nous avons droit. Après une première écoute – « Ah oui, il est chouette, cet album, il met de sacrément bonne humeur ! » –, force est de constater que tout a déjà été entendu ou presque. Ceux qui connaissent les White Stripes et les Dead Weather n'auront aucune surprise en l'écoutant.

Shelby Lynne, Lil'Boo et Ruby Rogers sont d'excellentes musiciennes, évidemment. Et que dire d'Olivia Jean, plus que très douée à la guitare et dont la voix est déjà reconnaissable : expressive et rauque, très particulière et dont aurait tort de se priver.

J'avais écouté des extraits des anciens groupes d'Olivia Jean : Idée Fixe et surtout Swampy Bones, qui m'avait particulièrement plu. Un délire à la fois sombre et killsien qui donnait une idée du potentiel de la jeune fille. Et qui me faisait dire que son premier album serait une vraie réussite.

Seulement voilà : la présence de Jack White se fait sentir dans tout l'album – pas vraiment gothique, qui plus est, si l'on excepte les robes des demoiselles. A chaque seconde, derrière un riff de guitare ou un rythme de batterie. Si bien que l'on peut se demander où s'est arrêtée la liberté de composer d'Olivia Jean. White est omniprésent : il a d'ailleurs réalisé le premier clip des Black Belles et apparaît dans le prochain, Honky Tonk Horror.

L'album contient tout de même de très bons moments : The Wrong Door avec son côté Tarantino, Pushing Up Daisies, et surtout Not Tonight, qui se démarque clairement du reste de l'album. Une ballade nocturne douce, gouvernée par le synthé et le piano... Et j'imagine alors ce que l'album aurait pu être. Un disque formidable, gothique, pas révolutionnaire mais qui reste à l'esprit.

L'album des Black Belles est très sympathique mais s'oubliera malheureusement vite. Il ne reste qu'à espérer un second opus plus personnel, plus audacieux... en admettant que la création de White perdure indépendamment de son créateur.

En attendant, on peut toujours se consoler en regardant une énième fois le clip de What Can I Do ?.


That's all, folks ! See you soon, ladies and gentlemen.

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