La pochette en dit assez long sur le contenu de cet album.
Matt Berry est donc un anglais principalement connu pour ses talents de comédien, en participant à des séries telles que The mighty boosh, Snuff Box ou The IT crowd grace à laquelle je l'ai découvert, et où il a provoqué plusieurs éclats de rires.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir son nom dans l'album de reprises de Dark side of the moon récemment élaborée par Mojo. Matt y propose une version tout à fait honorable d'Any colour you like et prouve que l'humour n'est pas son seul talent. Il est par ailleurs responsable de 3 albums sous son nom, Jackpot, quasiment introuvable aujourd'hui, Opium et donc Witchazel, sortie en téléchargement gratuit en 2009 mais réédité cette année.
Matt Berry y tient la grande majorité des instruments, guitare, synthé, basse, orgue, percus.... et propose en 13 chansons un condensé de la musique folk/rock psyché anglaise, voir légèrement prog d'excellente facture et prouve de sérieuses capacités de musicien. Capable à la fois de jolies pop songs, ou d'embardées instrumentales et étranges, avec solo de flutes et rires enregistrées, Matt Berry séduit tout au long de cet album finalement très personnel. L'humour n'est cependant jamais bien loin, avec notamment cette pochette ou "Rain came down" faux duo avec Paul Mc Cartney.
Un album anachronique et une excellente découverte !
La rentrée arrive, c'est un fait. Elle est inévitable, c'est indiscutable. Si vous êtes ravis qu'elle arrive, vous êtes chanceux. Si vous êtes effrayés, alors cette chronique est pour vous et de la petite chambre dans laquelle je me trouve, je vous envoie ces mots tapotés avec ardeur.
Voici donc quelques menus plaisirs avant l'irrévocable évènement.
Commençons, comme toujours, par la musique. J'ai au moins trois idées qui me viennent, mais elles seraient par trop déprimantes. Alors je vous recommande de la musique qui vous fera sourire, remuer la tête et, qui sait, supporter l'horreur des prochains jours.
L'album Lust for Life me semble tout indiqué. Soit l'alliance, en 41 minutes, de deux noms ô combien fameux : Iggy Pop et David Bowie, qui cosigne la majorité des titres. Dès les premières secondes, le ton est donné : ça va swinguer ! L'album se révèle réjouissant, plaisant à écouter – surtout quand, comme moi, vous n'êtes fan d'aucun des deux artistes. Et si vous ne me croyez pas, écoutez donc ce qui suit :
Si vous avez toujours besoin que l'on vous remonte le moral, sachez que les formidables Kitty, Daisy and Lewis ont sorti un nouvel album cette année, intitulé Smoking In Heaven. Un disque qui mélange des influences blues, ska, rockabilly et latines. Si certains ont pu regretter que la (très jeune) fratrie surdouée s'éloigne un peu de la musique qui l'a fait connaître, je réponds qu'un artiste n'est jamais aussi intéressant que lorsqu'il se renouvelle. Une des chansons les plus symboliques de ce changement est Messing With My Life, que je vous mets ici en live.
Niveau bouquins, après avoir dévoré des centaines de pages cet été, mes deux coup de cœur vont à Orlando de Virginia Woolf et Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke.
Dans le premier, Orlando traverse les âges sous l'apparence d'un homme, puis d'une femme, connaissant toutes les aventures et toutes les expériences. Virginia Woolf y est tour à tour drôle, spirituelle et attendrissante, et se révèle une conteuse hors pair. C'est aussi l'un des plus beaux éloges de la liberté jamais écrits de la main d'une femme... Le second nous plonge dans la féérie. Amis de Jane Austen, de Harry Potter, du romantisme anglais, des énormes pavés (1144 pages), ce roman est pour vous ! Il raconte, au début du XIXème siècle, l'amitié et la rivalité de deux magiciens. Jonathan Strange s'attire les foudres de son professeur, Gilbert Norrell, pour avoir voulu s'aventurer dans les aspects les plus obscurs de la magie. Clarke y présente un univers complet, à l'image de Tolkien ou J.K. Rowling. S'il faut s'accrocher au début, le reste se transforme en plaisir total – on y croise même Lord Byron ! Certaines images déployées par l'auteur sont d'une beauté stupéfiante. C'est un livre foisonnant, aux personnages inoubliables, et à l'humour très anglais. Chaudement recommandé, vous l'aurez compris.
Un film pour finir... je ne saurais trop vous conseiller de regarder Atonement de Joe Wright (sorti en 2007 et stupidement traduit par le titre : Reviens-Moi). Trois arguments : la beauté visuelle de ce film, l'incroyable plan séquence sur la plage, et les acteurs. Je retiens mes mains de composer un paragraphe sur le merveilleux James McAvoy et j'insiste à la place sur le talent de Keira Knightley. Parfois agaçante, l'actrice est ici parfaite dans le rôle de Cecilia, et magnifiquement filmée. Une petite fille de treize ans porte de fausses accusations sur l'amant de sa grande sœur, ce qui changera inéluctablement le cours de leurs vies. Ah, pardon, j'avais promis de ne parler de rien qui soit déprimant...
That's all, folks ! See you soon, ladies and gentlemen. Et bonne chance à tous pour l'année qui s'annonce...
Ce deuxième album de l'américain Ryan Lott n'est pas sans me rappeler l'un des disques qui m'a le plus hanté ces dernières années, j'ai nommé The Age Of Adz de Sufjan Stevens.
On retrouve en effet au cours de ces 9 chansons, une ambiance similaire, presque schizophrène, bien qu'un peu plus saine que sur The age of adz, le même mélange entre pop grandiloquente épique, choeurs chantilly immenses, bidouillages électros, et passages intimistes, hésitations, doutes et morceaux à tiroirs... Notre homme étant signé sur le vénérable label hip hop indé Anticon, les sus-cités bidouillages sont en réalité de très bon beats hip hop. Le chant doux et éthéré de Ryan Lott peut également rappeler Sufjan... Cependant, point de plagiat, le 1er album de Son Lux, At war with walls and mazes nageant dans des eaux similaires, avec une même inventivité, une même envie de mélange...et des morceaux aussi tordus. L'album s'ouvre sur The Flickers, et le ton est donné, si vous ne ressentez rien à l'écoute de ce morceau, ne lisez plus mes chroniques. A noter pour l'anecodote que l'album a été écrit et enregistré en 28 jours, avec diverses participations, comme DM stith ou Peter Silberman de The Antlers.
Comme The age of Adz, cet album ne plaira pas à toutes les oreilles...mais comme Sufjan Steven, Son Lux propose une oeuvre ambitieuse, multiple, risquée, intense, passionnante et magnifiquement bien réalisée. De quoi prolonger l'enchantement.
Voici le nouveau podcast, rendez-vous mensuel incontournable avec ce mois-ci au programme:
Noel Gallagher, The Electric Soft Parade, Carl Barat, Viva Brother,Housse de Racket et Peter,Bjorn and John!!!
En 1986 a eu lieu la rencontre étonnante entre le folk rock new-yorkais de Paul Simon (Simon&Garfunkel) et le mbaqanga musique venue d'Afrique du Sud.A 45 ans, l'auteur des "Sounds of silence" réussit ici une passionnante fusion entre son songwriting pop/folk américain et ces sonorités venues d'un pays alors encore aux prises avec l'apartheid. Ce que l'on appellera plus tard "world music" est encore un concept quasi inconnu, et la manière dont Simon insinue sa plume dans ses mélodies façonnées avec de nombreux instruments africains est une réussite totale. Percussions, accordéons, choeurs zoulous...rien n'est gadget ici, et Graceland possède sa propre identité, celle d'une fusion sincère et généreuse.
Ajouté à ce cocktail détonnant et rafraichissant, une production parfaite et encore d'actualité aujourd'hui, et surtout la qualité d'écriture de Simon, qui délivre ici quelques lignes de haute volée comme sur le titre "Graceland":
"She said losing love is like a window in your heart"...l'image est belle, l'innocence qui s'en dégage l'est tout autant!
Au rang des nombreuses réussites de cet album sans faute, on trouve "Gumboots" et son riff de guitare africaine en intro qui donne irrémédiablement envie de danser, ou encore "Diamonds on the soles of his shoes" qui par ses choeurs zoulous nous fait littéralement voyager, le tout porté par la voix douce et reconnaissable entre toutes de Paul Simon, qui ne l'oublions pas est un grand chanteur, au même titre que son ex-comparse Art Garfunkel.
Sur ce disque, Paul Simon joue les passeurs de génie et nous fait découvrir ainsi une musique passionnante et un continent plein de surprises...Au rang des plus naturels descendants, on trouve les américains de Vampire Weekend dont le chanteur Ezra Koenig (qui chante sur Warm heart of Africa de The Very Best) possède une voix très ressemblante à celle de Simon, et qui ne cesse de mélanger à ses morceaux pop des influences et rythmes africains et tropicaux comme sur l'inusable " Cape Cod Kwassa Kwassa".